mercredi 18 avril 2007

Chronique d'une accro du shopping

Je me lève un matin et repense au prochain voyage à Casablanca, ville où j’ai vécu un certain temps.

Cela fait déjà quelques jours que le même phénomène se produit. J’éprouve une certaine appréhension quant à mon actif vestimentaire : vais-je avoir les fringues qu’il faut pour chaque occasion ? Dans une ville où le m’as-tu-vu règne en maître, et vivant actuellement dans une ville où un phénomène de même intensité mais de sens opposé sévit sur les originalités et féminités vestimentaires des femmes, je ne peux m’empêcher d’avoir un petit stress pré-séjour casablancais…

Toujours est-il que ce matin là, j’ai eu comme une révélation : je n’ai pas de chaussures pour-je cite « gambader dans Casablanca » ! Mabrouk, mazel tov, un nouveau besoin est né. Je devrais envoyer des faire- parts de « naissance de nouveaux besoins » à tout mon entourage. Ainsi, tout le monde saurait de quoi j’ai besoin, et pourrait me féliciter si je l’obtiens. Car il en faudra de l’énergie pour ne pas l’obtenir…Je suis passé maîtresse dans l’art de l’autostimulation d’une décision d’achat. Je devrais proposer mes services auprès d’Ipsos. Le phénomène est alors irréversible : une substance chimique se créé et contrairement à Boris Vian qui fait naître des nénuphars dans les poumons, moi c’est un artichaut dans la tête (les arabophones comprendront). Un artichaut, ca pique si on veut y toucher. C’est encombrant. Donc on le laisse.

Le besoin défini, mon objectif dans ce cas, est d’adopter un comportement d’achat rationnel pour ce besoin de « chaussures pour gambader dans Casablanca », qui entretemps, s’est précisé : « espadrilles ou mules compensées pour gambader dans Casablanca ». Une amie m’a demandé que signifie un achat rationnel pour moi. J’ai lu que cette notion était subjective. Et bien pour moi il s’agit d’optimiser mon achat, selon différents critères : rapport qualité/prix, satisfaction du besoin (né ou créé ou réel, la question ne se pose plus à présent), l’excitation à m’imaginer posséder cet objet, « l’affaire » réalisée par cet achat. Dans mon cas, je dois avouer que le dernier critère est d’une importance capitale : il est l’ultime critère décisionnel ! Au plus l’affaire est intéressante, donc au plus le rapport actif fringues de valeur/investissement consenti pour cet achat est important, au plus j’ai du plaisir…30% est une condition minimum. 50 % c bien, 60% c mieux, 70-80%, je ne contrôle plus…Bien sûr pour des pourcentages pareils, le prix de base doit être élevé pour que la différence n’en soit que plus spectaculaire.

Donc me voici partie à la recherche de ces mules compensées pour gambader dans Casablanca (l’option espadrilles a disparu en cours de route). Je fais les tours de ventes privées, rien, ensuite des sites marchands et la je tombe sur quelques éléments dignes d’intérêt. J’arrive à la phase finale du processus, c’est-à-dire qu’il ne reste que 3 candidats mules compensées pour gambader dans Casablanca.

J’envoie donc les candidats à mon âme sœur à Casablanca, qui elle me connaît bien, évalue correctement mes besoins et connaît le niveau sur place. Et là, alors que je me rapprochais de l’achat le plus raisonnable, le plus durable, elle m’aiguille vers le choix du plus joli ! Elle a délibérément écarté mes autres critères, tel que le rapport/qualité prix et la capacité à satisfaire le besoin initialement exprimé. Que faire ? D’autant que je penche indéniablement vers le plus joli....je sens que je bascule du côté obscur de la force….mon amie tente alors de constituer un cabinet de conseil improvisé. L’avis est unanime : les plus jolies, pas les plus durables. Mais qu’ai-je donc fait au ciel pour que mes amies me découragent du seul achat raisonnable que je m’apprêtais à faire ? Les dieux sont-ils donc contre moi ?

Je demande donc une intervention divine. Un signe. Car je ne sais plus, je suis perdue. La prestation du cabinet de conseil n’a fait que semer davantage le doute dans mon esprit. D’autant que j’ai eu droit à des questions « en as-tu vraiment besoin ? ». Vous imaginez la torture ?

J’ai décidé de plier bagage. Une amie vient chez moi, elle a constitué en quelque sorte un cabinet de stratégie d'ultime recours. Et là, elle me dit, les yeux pleins de la vérité la plus simple : « aucune des deux ». Curieusement, ce conseil m’a remis en paix avec moi-même, et j’ai donc choisi…de ne rien prendre. Et j’ai bien dormi J

Le ciel ne m’avait donc pas oublié…il m’a sauvé !

4 commentaires:

sissi a dit…

Shopping et rationnalité sont antinomiques :)

Slim a dit…

Possible. Optimisation alors...

lauriane a dit…

complétement barge moi j'aurai tout acheter...quand le choix est dure, le porte feuille aussi....

sylvie a dit…

tu m'as fait rire là...slim ou sissi?
J'espère quand même que tu pourras gambader à loisir...