samedi 2 juin 2007

L’amour comme par hasard de Eva Rice



Dans l’Angleterre après guerre, deux jeunes femmes de 18 ans vivent sur des fonds de jazz, de Johnny Ray… Elvis Presley y fait une brève apparition.
Ces jeunes bourgeoises fauchées cherchent l’amour et l’argent. Des destins qui se croisent. Un riche américain amoureux de la fille et ensuite amoureux de la mère, un magicien bizzare, une mère éblouissante de beauté...

L’histoire est vraiment quelconque. L’ayant lu juste après lignes de failles, ça faisait comme regarder un film à l’eau de rose après un film d’auteur super profond. Roman très léger, qui serait plus à lire allongé sur un transat !

Voici l’avis de Elle qui m’avait donné envie de lire cet auteur :

Sex at the City
Au Québec, on dirait de ce roman qu’il est « Hop la vie ! » Autrement dit, « L’Amour comme par hasard » est tellement irrésistible de fraîcheur et de légèreté qu’il donne envie dechanter à tue-tête. Pourtant, l’entreprise était hasardeuse : écrire un roman féminin dont les héroïnes seraient deux filles chics mais désargentées, sur fond de manoir qui tombe en ruine et de question philosophique – l’amour est-il un délice ou un supplice? Il y avait de quoi s’embourber la plume dans la guimauve. Sauf que… Eva Rice a beau avoir un physique digne d’« Amour, gloire et beauté », elle est terriblement anglaise. Comment ne pas céder au charme de son personnage Harry, un petit garçon dont le premier mot a été « monte-plats » et qui, parce que ses parents refusaient de lui acheter un lapin de compagnie, avait compensé en adoptant un toast. « Julien le pain » vivait bien tranquille dans sa cage jusqu’à ce que le père de Harry lui ordonne de mettre fin à ces enfantillages. On laisse le mot de la fin à miss Rice, soulignant que toute la famille fut triste : « On s’était tout beaucoup attachés à ce pain. » Eva Rice a de l’esprit et de la fantaisie à revendre et elle signe un roman réjouissant, à mi-chemin entre Jane Austen et « Sex and the City ». Elle a inventé la littérature vintage, a observé notre collègue du ELLE anglais. Et c’est vrai, « L’Amour comme par hasard » ressemble aux robes des années 50 que les héroïnes achètent pour faire leurs premiers pas dans le monde. On est en 1954, Charlotte et Pénélope sont trop grandes pour leur époque : 1,80 m et des idées longues. Quand leurs camarades rêvent de décrocher un riche mari au bal des débutantes, elles lisent Salinger, veulent épouser la rock-star Johnnie Ray ou, à défaut, briser le coeur d’un teddy-boy au pantalon moulant. Cequi ne fait pas du tout l’affaire de leur mère, surtout pas celle de Pénélope, jeune veuve trop jolie pour être maternelle qui, afin d’oublier ses soucis d’argent, dépense des fortunes dont elle ne possède pas la première livre en robes de chez Dior. On l’a compris, la réussite de ce roman, ce sont ces personnages chics et brindezingues, jamais à cours d’une idée folle, débordant de vitalité et d’espérance. Il faut dire qu’auterme de cette année 54, on fête la fin des restrictions, l’arrivée du rock’n’roll avec les premiers 45-tours d’Elvis Presley, le début d’une époque où tout semble possible. Tout au long de ce marivaudage à l’anglaise qui renferme son lot de secrets, de rencontres et de palpitations, Eva Rice noie l’eau de lavande de chez Harrods dans une bonne rasade de whisky. On en sort grisé.
: « L’Amour comme par hasard », d’Eva Rice, traduit de l’anglais par Martine Leroy-Batistelli (Flammarion, 379 p.).


Olivia de Lamberterie, le 26 Mars 2007

1 commentaire:

Anonyme a dit…

tres interessant, merci